Q36 - Une entreprises doit-elle toujours rechercher son indépendance financière ? Expliquez

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Message par Jerome B le Sam 16 Avr - 16:42

Une entreprise, par l’exercice de son activité, va générer des besoins de financement, qu’il s’agisse d’un investissement dans un nouveau matériel ou tout simplement pour couvrir son Besoin en Fonds de Roulement (BFR), c'est-à-dire la différence de délai entre le règlement reçu de ses clients et celui obtenu de ses fournisseurs.

Ces besoins pourront être couverts par l’entreprise elle-même au travers de l’autofinancement et de sa trésorerie excédentaire, ou par le soutien de son actionnaire.
Mais la plupart du temps, elle fera appel à des tiers extérieurs à l’entreprise, tels que les banques, ou l’entrée d’un nouvel associé, …

Se pose alors la question de savoir si l’entreprise doit rechercher son indépendance financière.
L’indépendance financière est le fait d’autofinancer ses besoins sur ses ressources propres, sans recours à des tiers.

Nous verrons dans une première partie les avantages de cette indépendance, que ce soit pour l’entreprise mais également pour son actionnaire. La seconde partie présentera les freins au développement liés à cette indépendance.


I. LES AVANTAGES DE L'INDÉPENDANCE FINANCIÈRE

On peut identifier des avantages à 2 niveaux, avec

a. Pour l’entreprise :
L’indépendance financière va permettre à la société de ne pas dépendre des tiers extérieurs, et ainsi de mener son activité sans la contrainte d’une décision d’octroi d’un financement par une banque.
Ses décisions d’investissement dans un matériel, d’achats de stocks ou de matières premières plus importants, pourront être prises rapidement, car la société aura les ressources financières suffisantes pour les acquérir.

Egalement, le fait de ne pas recourir à des financements extérieurs permettra de réduire les coûts financiers pour l’entreprise, et donc de maximiser son résultat.
Cet avantage est toutefois à nuancer à l’heure actuel où la politique monétaire en zone Euro fait que les taux sont très bas, ce qui limite le coût financier des financements extérieurs.

b. Pour l’actionnaire :
L’indépendance financière va permettre à l’actionnaire, notamment dans les PME où le dirigeant est bien souvent l’actionnaire majoritaire, de rester seul maitre à bord de son entreprise.
Il n’aura ainsi pas de comptes à rendre sur sa politique de gestion financière, sur sa politique de distribution de dividendes,…
En effet, si les dividendes distribués sont trop importants, et créent des besoins de trésorerie supplémentaires, les partenaires financiers pourraient refuser l’octroi d’un nouveau concours et demander au dirigeant de réduire les distributions ou de réaliser un apport de capitaux dans l’entreprise (sous forme d’augmentation de capital ou d’apport en compte-courant d’associés).

Egalement, l’actionnaire, si la société en a les moyens, pourra faire rémunérer ses apports en compte-courant d’associés, avec des rendements bien supérieurs aux livrets bancaires (déduction fiscale par l’entreprises des intérêts versés jusqu’à un taux de 2,15 % environ actuellement).



II. LES FREINS AU DÉVELOPPEMENT DE L’INDÉPENDANCE FINANCIÈRE

Bien que l’indépendance financière présente des avantages intéressants, il convient de préciser que celle-ci présente aussi des inconvénients, qui peuvent se révéler de véritables freins au développement de la société, ou même à sa pérennité à plus ou moins LT.

a. Pour l’entreprise :
Les prêts ou CT bancaires sont de formidables accélérateurs de croissance, puisqu’ils permettent d’envisager un développement, au travers de l’acquisition d’un nouveau matériel par exemple ou en proposant de nouvelles références d’un produit qu’il conviendra d’avoir en stock et donc d’acquérir à l’avance.
A l’inverse, l’autofinancement a ses limites et ralenti s’il n’est pas suffisant l’investi envisagé ou la stratégie nouvelle à mettre en place, faute de ressources suffisantes.

Les financements extérieurs sont même parfois indispensables, comme dans le cas de croissances externes (rachat d’un concurrent, d’un fournisseur ou d’un client par exemple), qui sont des opérations nécessitant des fonds importants, dont ne disposent pas obligatoirement l’entreprise.
Pour arriver à concrétiser de telles opérations, qui lui feront gagner immédiatement de l’activité, une nouvelle compétence et/ou de la rentabilité supplémentaire, la société aura besoin d’un financement bancaire et même parfois de l’entrée d’un nouvel actionnaire qui apportera des capitaux pour compléter le besoin de financement.

Un nouvel actionnaire est également à envisager quand l’entreprise rencontre des difficultés, et pour qu’elle arrive à se retourner sur un marché difficile par exemple, elle aura besoin de capitaux importants pour se réorganiser, se repositionner sur son marché ou un autre marché…. Or, si elle rencontre des difficultés, bien souvent sa trésorerie aura déjà été réduite et elle ne pourra assumer seule ce retournement.

b. Pour l’actionnaire :
Alors que nous avions vu précédemment l’intérêt pour l’actionnaire de ne pas recourir à des financements extérieurs, ce dernier a toutefois intérêt parfois à recourir à de tels sources de capitaux.
Ainsi, il peut bénéficier d’un effet de levier financement relativement important lors d’un investissement sur lequel il utilisera pour partie des financements extérieurs. En effet, pour un investissement de 200 K€ par exemple, en autofinancement 100 K€ et en obtenant un prêt bancaire de 100 K€, il pourra acquérir un matériel qui va créer de la valeur supplémentaire. Or, cette création de valeur sera la même, exceptions faites des amortissements et charges financières, qu’il l’autofinance entièrement ou partiellement.
Sauf que pour l’actionnaire, les capitaux qu’il doit apporter seront moindres en sollicitant un financement extérieur, et donc la rentabilité de ses capitaux sera fortement augmentée.
Attention toutefois à bien penser son endettement, avec le respect notamment des ratios financiers que sont la capacité d’endettement (DLMT/FP inférieur à 1) et la capacité de remboursement (DLMT/CAF inférieur à 3). Au delà, la pérennité de la société pourrait être remise en cause, notamment en cas d’année difficile.


En conclusion, je pense que l’indépendance financière n’est pas forcément à rechercher absolument de la part du dirigeant.
Au contraire, un bon mélange de l’autofinancement et de l’endettement extérieur permettra à l’entreprise de connaitre une croissance plus rapide que si elle était indépendante financièrement.
Cela est d’autant plus vrai actuellement, que la politique monétaire en zone Euro, avec des taux extrêmement bas, pousse les entreprises à se financer à l’extérieur.

Jerome B

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