Q59 : Le rôle et la position des institutions internationales dans le développement du commerce international.

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Message par LEULIER Céline le Mer 16 Mar - 11:36

Traité par Sébastien SENA

Le rôle et la position des institutions internationales dans le développement du commerce international.

A la sortie de la seconde guerre mondiale l'ensemble de l'économie mondiale se trouve en phase de récession. Les échanges internationaux ont chuté.
Dans ce contexte de paralysie, afin de relancer l'activité économique mondiale et de favoriser la reconstruction des pays lourdement touchés par les effets de la guerre, les États se sont rencontrés lors de conférences internationales afin de favoriser, faciliter et réglementer le commerce mondial. Le but est de réduire les obstacles aux échanges de sorte à ce que chaque pays puisse tirer profit de l’internationalisation des échanges. C'est ainsi, qu'ont été signés les accords de Bretton Woods en juillet 1944. Ces accords sont marqués par la création du FMI (fond monétaire international) et de la banque mondiale. L’OMC sera créée en 1995, elle remplace le GATT ((accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).
Dans le cadre de notre présentation nous allons dans un premier temps étudier le rôle qu’ont ces institutions dans le développement du commerce international. Ensuite nous présenterons les politiques menées par celle-ci ainsi que leurs limites.



I/ Les principales institutions internationales et leur rôle dans le développement du commerce international :

1-1/ Le Fond Monétaire International (FMI)

C'est lors des accords de Bretton woods de juillet 1944 qu'ont été créés le FMI (fond monétaire internationale) et la banque mondiale. Ces accords ont été signés par l'ensemble des pays membres de l'ONU.

Le FMI regroupe 188 pays, il est chargé :
:
- d'instaurer la stabilité du système monétaire international c'est à dire à la stabilité du système international de paiement et de change qui permet aux pays de réaliser des échanges.

- il surveille les politiques économiques des pays membres et les conseille en matière budgétaire, monétaire et financière. Il publie ensuite des rapports sur les tendances économiques mondiales.

- il fournit une aide financière aux pays en difficultés qui en font la demande. Les pays emprunteurs doivent ensuite réaliser un programme économique appuyé par le FMI.

- Il fournit une assistance technique et des formations dans les domaines fiscaux, monétaires et de change aux Etats membres


1-2/ La Banque Mondiale :

La banque mondiale est constituée de 5 institutions :

- la BIRD (La banque internationale pour le reconstruction et le développement qui regroupe 184 pays. Son rôle est d'octroyer des prêts dans les secteurs de l'agriculture et de l'énergie aux pays à revenus intermédiaires.

- l'AID (association internationale pour le développement) qui est chargée d'aider les pays les moins avancés en leur octroyant des prêts à très long terme (30-40 ans).

- La SFI (société financière internationale) qui est chargée de financer des entreprises ou des institutions dans les pays du tiers monde.

- Le CIRD (centre international de règlements des différends liés aux investissements) qui gère les conflits d'intérêts.

La banque Mondiale a un rôle de conseil auprès des pays aidés par le FMI dans le but de réduire les déficits budgétaires, de favoriser les investissements étrangers, des libéraliser les changes et les prix. La banque mondiale peut imposer la mise en place de politiques envers les pays endettés afin d'arriver à un équilibre de leur balance de paiements.

1-3/ L’Organisation mondiale Du Commerce (OMC)

L'OMC a été créée en 1995, elle remplace le GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) donc le but était de favoriser le libre échange en abaissant les droits de douanes et en supprimant les restrictions quantitatives et qualitative.
L'OMC est chargée de fixer les règles du commerce international et de veiller à leur application.
Elle aide les producteurs de marchandises et services, les exportateurs et importateurs à mener librement leur activité.
Les accords commerciaux sont négociés et signés par les pays membres. Ces accords portent sur les marchandises, les services et la propriété intellectuelle.
Si un pays membre estime qu'une règle commerciale n'a pas été respectée par un autre pays, il peut saisir l'OMC pour régler le litige.

Une fois avoir présenté les différentes institutions internationales relatives à la libéralisation du commerce, intéressons-nous aux politiques menées par celles-ci.

II/ Quelles sont les politiques menées par ces institution et quelles en sont les limites :

2-1/ Les politiques du FMI, de le Banque Mondiale et de l’OMC

2-1-1/ Les politiques du FMI et de la Banque Mondiale :

Le FMI et la banque mondiale partent du principe que si un pays se trouve en difficulté pour rembourser sa dette, c'est qu'il vit en dessus de ses moyens.
La solution est donc de permettre au pays de réduire leurs dépenses et donc leurs demandes intérieures. Il faut rendre ces pays compétitifs à l'international en leur permettant de dégager un excédent commercial.

Le FMI et la banque mondiale coordonnent les banques centrales en se basant sur les principes suivants :

- une austérité budgétaire en limitant les dépenses publiques pour éviter toute tension inflationniste et les déficits.

- une réforme fiscale visant à augmenter le nombre de contribuable, généraliser la TVA, diminuer les taux élever pour les pays riches ou en développement.

- en dévaluant la monnaie des pays du tiers monde pour être plus compétitifs et relancer les exportations.

- en abaissant les barrières tarifaires commerciales (droits de douane) pour accentuer le commerce international et donner une totale liberté de mouvement aux capitaux internationaux .

- en attirant les investissements directs étrangers (IDE) pour financer le développement en leur garantissant une égalité des droits avec les investissements domestiques.

- il faut privatiser en vendant les actifs de l’Etat pour assainir les finances publiques et développer les entreprises privées, supposées mieux gérées .

- en réduisant les subventions et laisser le marché déterminer le « juste prix » des biens.

- en déréglementant, c’est-à-dire  en éliminant  toutes les règles qui freinent l’initiative économique et la libre concurrence.

- en renforçant les droits de propriété pour promouvoir la création privée, condition fondamentale pour le décollage économique.

A court terme, les pays du Sud vont devoir mener des politiques conjoncturelles d’austérité.
Les PED doivent mener des politiques structurelles favorables au marché s’ils veulent recevoir les crédits du FMI et de la Banque mondiale

2-1-2/ La politique de l’OMC

L’OMC est une institution chargée de mettre en place un marché mondial unifié dans lequel les  normes de marché prédominent sur les politiques économiques étatiques.

Cela se se traduit par :

-Le démantèlement des politiques agricoles, en particulier la PAC et la politique agricole américaine, en supprimant les droits de douane sur les produits agricoles et les subventions aux agriculteurs.

-L’ouverture des services à la concurrence ce qui remet en cause le monopole des services publics (la poste, le transport ferré, l’énergie mais aussi, plus tard, l’éducation, la santé...) ;

- La fin des politiques sectorielles qui permet de protéger les industries ou  les secteurs menacés.

- La définition de normes sociales et environnementales. La détermination des règles est confiée à des experts.. Un pays n’a donc plus le droit par exemple d’interdire les OGM ou le poulet nettoyé au chlore, même s’il veut appliquer le principe de précaution.

2-2 Les limites des politiques des institutions :

Les politiques libérales prônées par le FMI et la BIRD ont été critiquées par des économistes pour plusieurs raisons : (dont l’américain Joseph Stiglitz) :

- Le libre-échange a atteint ses limites : Les accords de Doha en sont l'exemple avec les Etats-Unis qui ne veulent plus accorder d'avantages commerciaux aux pays émergents.  Ceux-ci sont capables de supporter la concurrence en abaissant leurs tarifs douaniers au niveau de ceux des pays développés. Par exemple, il ne faut plus accorder d'avantage à la Chine dont la part dans le commerce international est passée en dix ans de 4 % à 12  . Ils ont donc demandé  qu'en matière de produits électroniques, chimiques et mécaniques, les pays émergents suppriment pratiquement leurs droits de douane comme l'ont fait les pays développés.

- Développement du protectionnisme de la part de certains pays comme la Chine et les pays d’Amérique-Latine. Ces derniers ont augmenté leurs droits de douane sur certains produits. Ils considèrent qu’ils ne sont pas encore développés et qu’ils doivent protéger leurs industries naissantes pour assurer leur développement et donner à leur population un niveau de vie correct.  

Le protectionnisme des pays du Nord empêche le développement des pays du Sud. Les subventions que les Etats-Unis et l’Europe donnent à leurs agriculteurs (350 milliards de dollars) pour qu’ils exportent leurs produits leur permettent de vendre leurs produits au-dessous du coût de production.
-

- Développement de nouvelles zones de libres échanges avec des accords bilatéraux qui remettent en cause le multilatéralisme et l’existence de l’OMC. Ces accords sont mise en place pour lutter contre une  libéralisation des échanges qui profiterait à la Chine - avec 36,4 milliards de dollars (27 milliards d'euros) de gains -, à l'Union européenne (30,7 milliards de dollars), au Japon (13 milliards), aux pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est, (Asean, 12,9 milliards).

- Les politiques conjoncturelles ont freiné la croissance et entretenu l’inflation. Le couple dévaluation/austérité a pour conséquence une forte inflation importée, les importations étant plus chères.

La suppression des subventions aux produits de première nécessité et aux services publics de base (eau, électricité...) s’est traduite par une forte hausse de ces prix, en particulier le prix des carburants. Cette inflation a entraîné une montée des taux d’intérêt et une baisse du pouvoir d’achat des salariés.

La consommation et les investissements ont donc diminué ce qui provoque un ralentissement de la croissance, surtout pour les pays les plus pauvres.

- Les politiques structurelles visant à spécialiser les PED dans les produits primaires se sont révélées désastreuses.
Les PED ont dû importer les produits alimentaires et dépendre de plus en plus de l’agriculture des pays développés. La concurrence entre les produits d’exportation des PED a provoqué des excédents et une baisse des prix de ces produits, d’où une détérioration des termes de l’échange  puisque les prix des produits importés augmentaient plus vite que ceux des produits exportés. Cette baisse du pouvoir d’achat des exportations a aggravé le déficit de la balance courante et l’endettement des pays les plus pauvres.

- Le fossé entre les pays du sud et ceux développés s’est creusé. Leur part dans le PIB mondial a stagné.

Les organisations internationales se révèlent finalement être peu efficaces. Le FMI n’a pas été capable de prévenir les crises financières.

- La libéralisation des marchés de capitaux a accru la volatilité des cours et l’instabilité financière. D’où la formation d’une bulle spéculative qui a éclaté en 1997et qui a obligé ces pays à mener des politiques de restructurations.
Le FMI a été incapable de prévenir la crise de la dette en Argentine au début des années 2000 car il n’a pas contrôlé l’usage des prêts financiers que l’on avait accordé à ce pays dans les années 90.

- Les organisations internationales sont devenues moins nécessaires pour se procurer des capitaux. En effet, les PED ont pu trouver des capitaux soit sur les marchés financiers, soit en attirant des IDE sur leur territoire, soit en ayant une balance courante excédentaire (la Chine par exemple) soit en se prêtant des capitaux entre eux (la Chine prête à l’Afrique, le Venezuela prête aux autres pays d’Amérique-Latine…). L’Argentine, le Brésil, le Mexique ont ainsi pu rembourser avant terme leurs dettes ce qui a privé le FMI de ressources pour ses interventions.

- Les organisations internationales ne sont pas démocratiques. Elles remettent en cause la souveraineté des Etats qui n’ont plus la liberté de définir leurs politiques. D’autre part, ces organisations sont dirigées et contrôlées par les pays développés. Les États-Unis sont le contributeur principal du FMI, et possèdent ainsi 16,79 % des droits de vote. L'Union européenne possède 32,1 % des droits de vote. Les 10 premiers pays, qui représentent plus de 50 % du PIB mondial, ont la majorité des droits de vote alors que le FMI compte 185 pays membres. Le directeur du FMI est un européen et le président de la Banque mondiale est un américain. Le FMI condamne les déficits budgétaires excessifs des PED mais n’a jamais condamné le déficit budgétaire excessif des Etats-Unis ou de certains pays européens. Seule l'OMC est une instance démocratique puisque chaque pays a une voix.

En conclusion, bien que nécessaire à la réglementation et au développement des échanges internationaux, les politiques des institutions internationales ont montré des défaillances.
Afin d’améliorer la transparence de leurs actions, les organisations internationales s’appuient sur les ONG. L’OMC convie certaines ONG à des réunions dans le but de connaître leur positionnement.

LEULIER Céline

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