actualisation de ma proposition 1 (avec chiffres 2015/2016 sur Crowfunfing)

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Message par caroline ghys le Dim 6 Mar - 16:27

49 Les nouveaux acteurs du financement de l’économie et leur poids – version 1.1

Dans le fonctionnement de l’économie, les acteurs peuvent avoir des besoins de financement, c’est-à-dire le besoin de se procurer les fonds nécessaires à la réalisation de leurs activités. Les ménages, qui ont structurellement des capacités excédentaires de financement, peuvent avoir, dans leur cycle de vie, besoin de financer leurs achats immobiliers, l’achat de biens d’équipement ou de consommation. Les entreprises et l’Etat recherchent des ressources pour financer leur trésorerie, leur cycle d’exploitation et leurs investissements. Ces acteurs économiques se tournent alors soit vers les marchés des capitaux, soit vers le financement intermédié, c’est-à-dire le crédit. Dans ces deux domaines, des nouveaux acteurs ont fait leur apparition. Nous allons les définir, mesurer leur poids actuel et leurs perspectives.

Les marchés financiers sont traditionnellement dominés par les investisseurs institutionnels : fonds de pension, assureurs et les OPC, organismes de placement collectif. Depuis les années 70, et surtout dans les 20 dernières années, sont apparus d’une part les fonds souverains et d’autre part les hedge funds.
Les fonds souverains sont initiés par des Etats. Ils investissent des ressources issues des recettes de l’exportation : matières premières comme le pétrole pour les fonds des monarchies du Golfe ou de la Norvège, balance commerciale pour la Chine.
On estime leur poids global à 5 900 milliards de dollars, deux fois le PIB de la France, et environ 3% de la finance mondiale. Le plus important est celui de la Norvège (745 milliards de dollars). Si leur poids ne parait pas très significatif, leur progression a été très importante dans les dernières années : en 2013 et 2014, il a progressé de 15% puis de 16,4%. On estime à 7% leur progression en 2015.
L’année 2016 devraient leur être moins favorable. La chute des cours du pétrole commence à tarir leurs ressources. Pire, les gouvernements sont tentés de puiser dedans pour boucler leurs fins de mois difficiles. Ce n’est pas le cas du fonds norvégien: le gouvernement ne peut toucher que des intérêts dont le niveau est voté par le Parlement. Mais d’autres ne se privent pas de puiser dans les actifs. Des pays comme l’Algérie ou la Russie commencent ainsi à piocher dans leurs fonds souverains. La chute des valeurs boursières réduit par ailleurs leurs rendements. Comptant parmi les plus gros investisseurs, les fonds souverains participent au marasme.

Les Hedge funds, fonds spéculatifs ou fonds alternatifs, ont également connu dans les dernières années une évolution très rapide. Ce secteur pesait environ 2.000 milliards de dollars d'encours en 2009, soit environ 1% de la finance de marché, mais pourrait gérer entre 13.600 et 15.300 milliards de dollars d’encours d'ici à 2020, selon un rapport publié par le cabinet PwC. Ils pèsent néanmoins du fait de la concentration croissante du secteur, et de l’activité importante dont ils font preuve sur les marchés.
Ils sont détenus à 70% par les investisseurs institutionnels classiques et des banques, qui y trouvent un moyen d’échapper partiellement à la réglementation qui pèse sur leurs activités. Ils utilisent également l’effet de levier, et sont donc à la fois offreurs et demandeurs dans l’activité de financement.
A l’autre bout du circuit économique, au niveau des acteurs qui relèvent de la banque de détail, sont apparus de nouveaux financeurs dans l’activité de crédit. Leur apparition est beaucoup plus récente, car elle se base en partie sur l’utilisation massive des nouvelles technologies. Lending Club aux Etats-Unis, Prêt d’Union ou Ulule en France mettent en relation des particuliers entre eux ou des particuliers et des porteurs de projets.
Il s’agit là de financement au sens large des ménages, de projets artistiques ou associatifs et de création d’entreprises. Ce financement, regroupé sous les appellations crowdfunding (financement par la foule) ou finance participative, peut prendre la forme de dons, de dons avec contrepartie et de prêts avec intérêt, mais aussi d’investissement en actions (on sort ici du crédit). Certains sont adossés à des banques traditionnelles.
Depuis deux ans, ces plateformes doivent obtenir le statut d’intermédiaire en financement participatif (cas de la plateforme de prêt) ou de PSI (prestataire en service d’investissement) pour celles qui proposent des investissements en fonds propres.
Quel est son poids réel ? Près de 300 millions d'euros : tels sont les montants levés en France en 2015 par les diverses plates-formes de financement participatif, selon le baromètre publié par l'association Financement participatif France, ce qui représente un doublement par rapport à 2014.
Comparés aux seuls encours de prêt des ménages en France (1 108 milliards d’euros en 2014) il s’agit d’une goutte d’eau.
Cependant, ce type de financement connait une croissance très importante. Le cabinet PWC prévoit une progression de 63% par an d’ici 2025 aux Etats Unis. Le géant américain Lending Club a généré 2,6 milliards de dollars de prêts sur le seul dernier trimestre de 2015. La plateforme Tor a annoncé en janvier avoir levé 200 000 dollars en crowdfunding. Au Royaume Uni en mars, la banque mobile Mondo a levé 1 million de livres sterling, (soit près de 1,29 million d'euros) sur Crowdcube, une plate-forme britannique spécialisée dans le financement participatif par entrée au capital, le tout en... 96 secondes.
Et surtout, il est le signe des évolutions en cours dans le grand public : utilisation généralisée à toutes les activités des nouvelles technologies, volonté de se passer des intermédiaires traditionnels très réglementés, peu enclins au risque et jugés coûteux, recherche de proximité et de sens pour placer son épargne.

En CONCLUSION, les nouveaux acteurs du financement de l’économie recouvrent deux domaines très différents, l’un dans le monde globalisé des marchés financiers, l’autre dans le financement de projets de proximité. Dans les deux cas, ils ont un poids encore relativement faible sur leurs secteurs, mais sont en forte progression dans les années d’après crise. Les exigences réglementaires qui pèsent sur les acteurs traditionnels leur sont favorables. Ils font les uns et les autres l’objet d’une ébauche de régulation. Celle-ci est nécessaire pour protéger les investisseurs et le système financier, mais elle ne doit pas pour autant freiner leur rôle d’innovation et de flexibilité dans ce système.
caroline ghys
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