Question n°53 : Quelles sont les différences essentielles entre les théories classiques et keynésiennes ?

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Message par LEULIER Céline le Sam 13 Fév - 12:17

Question n°53 : Quelles sont les différences essentielles entre les théories classiques et keynésiennes ?

C’est la Révolution industrielle, fin 18è/début 19è siècles, qui lance les premières pensées économiques. Leurs études consistent à avancer des politiques pour améliorer le fonctionnement de l’économie.
Les propositions qui sont faites peuvent être classées en deux catégories : une approche plutôt macro-économique à partir de grandeurs globales et de comportements collectifs où la stimulation de l’économie se fait par la dépense, par des grands travaux… ; et une approche plutôt micro-économique partant du comportement des agents économiques rationnels, et où des mesures dites libérales, visent à développer un cadre favorisant la liberté de chacun, dans le respect des règles de droit, et laisser la vie économique se structurer d’elle-même.
Partant du principe que Keynes ne distingue pas les classiques et les néoclassiques, qu’il englobe les deux courants sous le terme de classiques, quelles sont les différences essentielles entre ces deux courants de pensée pour expliquer les dynamiques de l’économie ?
Nous allons donc dans un premier temps analyser le fonctionnement de l’économie, pour ensuite préciser le rôle de l’Etat et de la monnaie, selon les Keynésiens et les Libéraux.

I/ L’analyse théorique du fonctionnement de l’économie

1.1 Loi de l’Offre et de la Demande

Selon les classiques, c’est la flexibilité des prix qui permet l’équilibre automatique que ce soit sur le marché des biens et services, sur le marché du travail ou sur le marché des capitaux.

D’après Smith, l’économie est régie selon un principe de régulation automatique qu’il nomme la « main invisible ». C’est le marché lui-même qui régule l’activité économique, dans un contexte de concurrence internationale ; un libre échange bénéfique pour tout le monde en termes de croissance économique. Chaque pays se spécialise là où il est le meilleur, là où il produit au coût le plus faible par rapport aux autres pays.
Smith parle de théorie de l’avantage absolu, Ricardo va compléter par celle de l’avantage comparatif (=là où il y a le moins de désavantage).
Say met quant à lui en avant la loi des débouchés, selon laquelle l’offre crée sa propre demande. Toute production entraine le versement de revenu, qui va être consommé, la crise de surproduction n’existe donc pas pour les classiques
Grâce à ces pensées, le commerce économique existe et permet à chaque pays de produire, et de compléter éventuellement par des importations, on parle alors de division internationale du travail.
Keynes, part du libéralisme pour asseoir sa théorie. Selon lui le marché ne peut assurer l’équilibre du système, car à court terme les prix sont rigides et le retour à l’équilibre économique ne peut pas être assuré. L’économie peut très bien se retrouver en sous-emploi lorsque l’offre de biens est supérieure à la demande de biens.
Il réfute la loi des débouchés de Say, critique donc cette idée que l’offre crée la demande. Selon lui, c’est la demande globale effective (=anticipée) qui crée l’offre.
Pour Keynes donc, c’est le fait de dépenser qui stimule l’économie. Il faut stimuler plus précisément l’économie par la dépense publique, de préférence par l’investissement public. L’argent investi provoquera des achats de biens de production, ce qui encouragera l’investissement dans ce domaine, donc une distribution de revenus…C’est le principe du multiplicateur.

1.2. Equilibre/déséquilibre sur le marché du travail et le marché des capitaux

Selon les classiques, sur le marché du travail, la flexibilité des salaires doit assurer l’équilibre de plein emploi. En cas de chômage, la solution sera de baisser les salaires pour entrainer plus de profits pour les entrepreneurs qui vont embaucher et le retour à l’équilibre sera réalisé. Toutes les personnes qui désirent travailler sont embauchées, le chômage qui persiste est donc une situation choisie par les personnes, c’est ce que les libéraux appellent le chômage volontaire. En d’autres termes, tous les obstacles à cette baisse des salaires expliquent l’insuffisance de l’emploi et le chômage (salaire minimum, allocations chômage…).
Enfin, sur le marché des capitaux, selon les classiques, il y a équilibre entre Epargne et Investissement grâce à la flexibilité du taux d’intérêt. L’Epargne permet l’investissement.
Selon Keynes, la flexibilité des salaires ne permet pas d’assurer l’équilibre de plein emploi sur le marché, car une baisse des salaires ne signifie pas plus de profit pour les entrepreneurs, mais une baisse de la demande future et de l’investissement. Pour les keynésiens la crise de surproduction est possible, et une baisse des salaires va aggraver le chômage. Il faut donc stimuler la demande pour augmenter l’emploi.
Il propose une hausse des salaires qui va entraîner une hausse du pouvoir d’achat, de la consommation, ce qui génèrera la hausse de la production et donc de l’offre d’emploi, pour enfin aboutir à une baisse du chômage.
Enfin, pour Keynes, l’égalité épargne-investissement n’est pas assurée sur le marché des capitaux, car les ménages épargnent en fonction de leur revenu (plus le revenu est élevé plus l’épargne est élevée), et les entreprises investissent en fonction des profits escomptés et du taux d’intérêt. La demande d’investissement joue donc un rôle moteur sur la production et sur l’emploi, et pour relancer l’investissement il faut baisser les taux d’intérêts afin de décourager l’épargne.

II/ Le rôle économique de l’Etat et le rôle de la monnaie

2.1. Le rôle de l’Etat

Pour les classiques, l’intervention de l’Etat serait inefficace pour relancer l’activité économique. Les politiques économiques ne servent à rien puisque c’est le marché qui doit assurer le retour au plein emploi.
L’Etat ne doit intervenir que pour assurer le fonctionnement correct du marché, c’est-à-dire pour assurer le libre jeu de la concurrence, on parle d’Etat-gendarme ; il joue aussi un rôle dans l’émission de monnaie en surveillant l’inflation.
Pour Keynes, l’Etat doit intervenir par le biais des politiques économique. Puisque l’équilibre économique n’est plus réalisé automatiquement, et que sans l’intervention de l’Etat le chômage menace de s’installer en permanence, l’Etat doit tout mettre en œuvre pour rétablir le plein emploi.
Par exemple, en augmentant les dépenses publiques sous forme de grands travaux, l’Etat stimule la consommation, la croissance et l’emploi.

2.2. Le rôle de la monnaie

Pour les classiques, la monnaie est neutre. L’augmentation de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie n’a aucune incidence sur l’économie puisque, en situation de plein emploi, les capacités de production sont pleinement utilisées et l’accroissement de la masse monétaire se traduira par plus d’inflation. La monnaie est uniquement un produit intermédiaire, accepté par tous, pour fluidifier les échanges.
Pour Keynes, la monnaie est active. Elle doit répondre aux besoins de l’économie réelle. Quand la demande d’investissement est élevée et que l’épargne est insuffisante la monnaie doit prendre le relais, elle constitue une avance sur la production qui sera récupérée.
En déclarant que la circulation monétaire stimule l’économie, Keynes rompt complètement avec le libéralisme.

Conclusion :
Nous pouvons dire qu’il n’y a clairement pas de relation simple entre ce que disent et proposent les théories économiques.
Même si Keynes intègre des facteurs psychologiques, sa description du libéralisme, et de sa théorie, est celle d’un circuit monétaire. En rupture avec le libéralisme.
Cette rupture avec le libéralisme peut signifier qu’il n’y a plus de fondement à la théorie keynésienne. En effet, Keynes décrit le libéralisme comme un cas particulier de sa théorie, et il part du libéralisme pour asseoir celle-ci.
Son interprétation du libéralisme serait-elle donc erronée ? Sa théorie finalement sans fondement ?
Les théories issues du keynésianisme ne s’appuieraient-elles donc pas sur une base solide, contrairement au libéralisme ?
Les débats en économie ne vont cependant pas jusqu’à ce niveau de réflexion. Et c’est peut-être là le problème, les débats portent sur ce qu’il faut faire pour relancer la croissance, sans s’interroger sur ce qu’est l’économie. Peut-être faudrait-il revenir à ce niveau de réflexion pour définir ensuite une politique économique ?
Pour finir, nous pouvons toucher du doigt les limites de ces théories économiques, dont les excès de politiques ont donné naissance aux plus grandes crises économiques récentes :
- Excès du keynésianisme : une croissance démesurée du secteur public a converti beaucoup d’économies capitalistes en économies inefficaces lors de la crise pétrolière et monétaire des années 1970.
- Excès du néolibéralisme : la dérégulation des marchés financiers est à l’origine de la crise financière de 2008 et de la crise des subprimes.

LEULIER Céline

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Date d'inscription : 01/02/2016

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