Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques ? pourquoi ?

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Message par Admin le Sam 7 Mai - 18:34

Q28 – Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques ? pourquoi ?



INTRODUCTION
La microfinance désigne l’offre de produits et services financiers aux populations pauvres, exclues des systèmes financiers traditionnels. Si le microcrédit est la dimension la plus connue de la microfinance, celle-ci comporte toutefois une vaste gamme de produits et services, aussi indispensables que le compte courant, l’épargne, les transferts de fonds, ainsi que l’assurance.

C’est le professeur Yunus, créateur de la Grameen Bank au Bangladesh et prix Nobel de la Paix en 2006 qui popularise au niveau international le micro-crédit puis la microfinance, à partir de la fin des années 1970, début des années 1980.
Au cours des dernières années, les institutions de microfinance (IMF) et les établissements bancaires « classiques » se sont efforcés d’élaborer des produits et des modes de prestation susceptibles de répondre aux besoins très divers des populations à faible revenu.
Aujourd’hui, la microfinance fait partie des moyens de lutter contre l’exclusion bancaire et sociale.

Nous pouvons donc nous demander si nous pouvons considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques et pourquoi ?
Dans un premier temps, nous déterminerons quels sont les points qui différencient les établissements bancaires « classiques » des instituts de microfinance.
Puis, dans une seconde partie nous verrons quels sont les points de convergence et intérêts communs de ces deux acteurs.


I. Les points de différenciation entre les IMF et les banques « traditionnelles »

1- La Cible de leur activité
Dans les pays en développement les opérations de crédit des institutions bancaires officielles sont largement destinées aux entreprises de l’Etat et à quelques grandes entreprises privées.
Les particuliers et les microentreprises sont pris en charge par les IMF.
Les principales raisons se trouvent dans :
• Les coûts supportés par les établissements financiers traditionnels qui demandent une certaine rentabilité des opérations qu’ils engagent.
• La règlementation à laquelle sont soumis les établissements bancaires traditionnelles qui ne peut être respectée en dehors des grandes entreprises et des Etats (illettrisme, pas toujours de justificatifs officiels, pas de garantie matérielle…)
• Le réseau des établissements traditionnels implanté dans les grands centres économiques alors que la population est éparpillé sur des territoires souvent immenses.


2- Les structures et la réglementation
Aujourd'hui, on estime à 10 000 le nombre d’IMF dans le monde principalement présent dans les pays en développement.
Leur nombre continue de croitre à un rythme de 15 à 20% par an. Au sein des IMF, il faut distinguer :
• les IMF organisées sous forme coopérative et qui fonctionnent en priorité avec les dépôts de leurs membres,
• les IMF rattachées à des ONG qui travaillent essentiellement avec des subventions ou des prêts.
• Les IMF organisées en associations
• Les banques de microfinance qui sont refinancées aux conditions du marché ou à des taux négociés et qui peuvent également, si elles sont autorisées à le faire, collecter des fonds auprès de leurs membres.
De par leur statut, les IMF ne sont donc pas soumis aux obligations légales et réglementaires des établissements financiers classiques ce qui leur permet de répondre aux besoins des populations concernés de manières différentes.
Même si compte-tenu de son développement exponentiel au cours des deux dernières décennies, l’activité de microfinance est désormais de plus en plus encadrée dans la plupart des pays.

3- Les activités
- Dans les pays en développement si la principale activité est le microcrédit, les IMF permettent également de collecter des dépôts
L’approche bancaire classique dans ces pays ne permet pas l’inclusion financière de nombre d’agents économiques, en particulier les micro-entrepreneurs.
Les structures de microfinance offrent donc des possibilités en proposant des produits et des services conformes aux besoins du milieu.
- Dans les pays industrialisés
La raison d’être principale des IMF dans les pays industrialisés est également le microcrédit.
Cependant, les différents instituts ont également des actions sociales tel que :
• Des formations gratuites pour inciter les jeunes à la création de microentreprise
• Des formations et de l’assistance pour les personnes éloignées de l’emploi afin de les inciter à créer une microentreprise solidaire par ex
• Des actions en zones rurales pour aider les petits exploitants agricoles à améliorer la rentabilité de leur exploitation (mise à disposition de structures modulaires pour fabriquer des produits saisonniers par ex)

4- Les pratiques et la gestion du risque
Si l’intermédiation est, comme pour les banques traditionnelles, l’activité principale des IMF, sa gestion est différente.
En effet, l’incapacité de la clientèle à fournir des pièces formelles (justificatif d’identité, états financiers, documents comptables…) et des garanties matérielles officielles oblige les institutions à faire appel à d’autres procédures que celles de la démarche essentiellement formelle que ce soit pour l’évaluation du risque comme pour la prise de garantie.
La microfinance se fonde sur des mécanismes dits de proximité c’est à dire principalement sur la confiance morale, la proximité physique et culturelle, la pression sociale, la moralité des emprunteurs, la caution morale, la simple parole donnée par le chef du village ou le chef spirituel.



II. Points de convergence et intérêts communs :

1- Collecte de l’épargne
L’épargne collectée par les institutions de microfinance vient augmenter l’épargne collectée par les banques institutionnelles.
En effet, les liquidités collectées par les IMF sont déposée dans les banques.
Ainsi, l’IMF, en déposant son épargne en banque, contribue à accroître les réserves de celle-ci, mais s’ouvre aussi des possibilités de bénéficier d’un éventuel refinancement en cas de nécessité.

2- Transfert d’argent
La complémentarité banque-IMF peut aussi être mise en évidence à travers le partenariat sur le produit « transfert d’argent », qui représente un marché potentiel pour les 2 acteurs.
Ces transferts qui proviennent majoritairement de l’immigration et bénéficient essentiellement aux familles modestes vivant dans les banlieues urbaines.
Or, d’un côté les banques disposent de la licence d’exploitation mais ne sont pas localisée dans les zones où se trouvent les principaux bénéficiaires de ces transferts, et d’autre part, les institutions de microfinance sont bien implantées dans ces zones, mais n’ont pas l’habilitation à effectuer des opérations à l’international.
Le partenariat banque/IMF permet donc aux banques de réduire les coûts de transaction, et aux IMF d’avoir des sources supplémentaires de revenus.

3- Le microcrédit
Une coopération financière entre les secteurs bancaire et micro financier peut contribuer à élargir le financement de l’économie par le crédit.
En effet, des projets entrepreneurial viables qui jusqu’alors étaient gelés, faute de financements, peuvent voient le jour grâce à la coopération banques et institutions de microfinance.
En France par exemple, le microcrédit professionnel est un prêt d’un montant généralement inférieur à 25 000 € destiné à des personnes désirant créer ou reprendre une entreprise mais dont les ressources sont insuffisantes pour pouvoir prétendre à un prêt classique.
Pour bénéficier d’un microcrédit, l’emprunteur doit être accompagné par un réseau d’accompagnement spécialisé et compétent comme : France Active, France Initiative, les Boutiques de Gestion ou encore la Fondation de la 2ème Chance.
Ces réseaux vont l’aider à monter son projet, à instruire sa demande de financement et à développer son activité. L'acteur principal est l'ADIE (Association pour le développement de l'initiative économique).
Le microcrédit est donc un moyen pour les banques de toucher une clientèle solvable mais jusque-là en marge du secteur bancaire
Par ailleurs, la microfinance fait partie des engagements RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) de la plupart des banques.


CONCLUSION
Les établissements bancaires institutionnels et les instituts de microfinance exercent bien des activités concurrentielles dans le sens où elles ont pour activité principale l’intermédiation bancaire.
Cependant, les IMF, de par leur marché et leurs structures et leurs activités apparaissent, à ce jour, plus comme des institutions complémentaires aux établissements bancaires classiques permettant ainsi de lutter contre l’exclusion bancaire et sociale et d’élargir le périmètre du financement de l’économie.
Les banques sont d’ailleurs des acteurs de la microfinance de façon directe (c'est le cas des Caisses d'épargne, de La Banque postale, du Crédit mutuel…) ou de façon indirecte (en finançant des IMF comme BNP Paribas, les Banques populaires…)


Valérie CHOLLOT

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